11 août 2014

Musée Préfectoral d'Okayama

Tea addict - blog sur le thé
Photographie ©  663Highland
Le musée préfectoral d'Okayama est un exemple typique de ces multiples petits musées locaux que l'on trouve un peu partout au Japon, qu'ils soient privés ou publics. Leur point commun est généralement l'impossibilité de pouvoir y prendre les objets exposés en photographie, avant tout pour des questions de droits de reproduction. Ces musées, qui ne paient généralement pas de mine, contiennent pourtant presque toujours quelques trésors et le droit d'entrée, même au plein tarif, est généralement plutôt modique quand il n'est pas tout simplement quasi symbolique, comme ici. Le droit d'entrée maximum du musée préfectoral d'Okayama étant en effet, au jour d'aujourd'hui, de 1€80 ...

Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
Le musée préfectoral d'Okayama est une bonne introduction avant de se rendre à Imbe, principal lieu de production des céramiques de style Bizen et du musée consacré à ce style. Le musée préfectoral d'Okayama offre en effet un panorama de l'histoire de la région allant de la préhistoire au début de l'ère Meiji.

La visite chronologique commence normalement à l'étage avec les pièces les plus anciennes, même si vous pouvez commencer à votre guise par le rez-de-chaussée. La collection de pièces céramique datant de la préhistoire est assez étendue, tout comme la collection de pièces anciennes de style Bizen dont certaines datent du VIIIème siècle de notre ère.

Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
On trouvera aussi de multiples témoignage de la vie dans une zone relativement rurale du Japon ancien, des statues bouddhiques en bois sculpté, de multiples manuscrits d'écrivains japonais célèbres, lettres historiques, peintures et rouleaux ainsi que de multiples ustensiles pour le thé et la cérémonie du thé, mais aussi pour la cuisine.

Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
Enfin, le musée possède également divers sabres d'importance culturelle nationale et locale, les campagnes de Bizen étant aussi le lieu de la production de forges célèbres de katana et de lances. La pièce majeure est toutefois plus défensive qu'offensive, avec une armure de la fin de la période Heian ( c'est-à-dire du XIIème siècle ) classée " Trésor National " et seule armure au laçage de cuir rouge de cette époque ayant survécu jusqu'à nos jours.

Photographie © Musée préfectoral d'Okayama
Le musée est relativement facile d'accès depuis la gare centrale d'Okayama, que ce soit par bus ou par tramway et est notamment face à l'entrée du jardin Korakuen, proche du château d'Okayama et d'autres musées d'art axés sur les arts du moyen-orient, sur les arts occidentaux et sur les arts modernes.


18 juillet 2014

Lao Cong Shui Xian " Terre de Chine "

Blog sur le thé

Ce Lao Cong Shui Xian, un thé des rochers de la province du Fujian fermenté à 60 % est commercialisé par le comptoir " Terre de Chine " au prix de 32 € les 100 grammes.

Blog thé

Ce thé est assez fleuri au nez, et l'est également en bouche, sans surprise. Ces fleurs sont cependant un peu plus capiteuses, avec une touche de miel mais surtout avec une dominante de fruits légèrement confits sans aucune touche sucrée cependant. En longueur en bouche, vient d'abord une pointe fugace d'acidité puis à nouveau les notes de fruitées et fleuries, nettement plus estompées.

Blog sur le thé

L'infusion est assez inégale, avec des feuilles de toutes tailles, même si les morceaux de grande feuilles et les grandes feuilles elles-mêmes dominent. On retrouve ici un Oolong torréfié très plaisant, qui semble relativement complexe mais qui est également un peu déséquilibré, en particulier sur sa longueur en bouche ce qui, au final, vient un peu sinistrer sont rapport qualité / prix et en fait peut être un thé un peu onéreux en comparaison d'autres Oolongs du même genre.

29 juin 2014

The Sir Percival David Collection

The Sir Percival David Collection

Ouverte depuis le début de l'année 2009 au sein du British Museum, la galerie consacrée à la présentation de la collection de céramique chinoises de Sir Percival David est sans conteste un joyau.

The Sir Percival David Collection

Auparavant présentée, de 1952 à 2007, dans un immeuble de Gordon Square appartenant à l'Université de Londres, cette collection offre un panorama complet de la céramique chinoise, des premiers grès chinois aux productions de la Dynastie Qing, des monochromes aux porcelaines impériales polychromes.

The Sir Percival David Collection

Désormais d'un accès beaucoup depuis son transfert au British Museum, cette collection vaut donc à elle seule le déplacement tant elle permet de cerner, dans un espace relativement petit, toute l'histoire de la céramique chinoise.

The Sir Percival David Collection The Sir Percival David Collection

La collection est présentée dans un espace bien éclairé, avec un espace organisé pour une circulation confortable mais dont le point fort de sa conception réside dans l'utilisation d'étagères presque toutes vitrées, permettant de saisir les pièces sous divers angles.

The Sir Percival David Collection

Celadon et sang de boeuf
Céramique Ding et Yaozhou
Céramique Ding et Ru Porcelaine chinoise ancienne

The Sir Percival David Collection

Constituée à partir de 1925, avant tout dans le but d'une étude érudite de la céramique chinoise, chaque pièce est, enfin, bien identifiée, permettant un renvoi soit aux cartels soit aux publications scientifiques et aux divers catalogues comme l'ouvrage Chinese Ceramics. Highlights of the Sir Percival David Collection.

The Sir Percival David Collection The Sir Percival David Collection

17 juin 2014

Quel culottage ?

théière de Yixing culottage

Sur le net, il est assez simple de trouver de multiples conseils pour le culottage de tout et de n'importe quoi, de la poêle en acier à la crêpière en fonte en passant par celui des divers pots de cuisson en terre ... 

Les théières de Yixing n'échappent naturellement pas à cette règle et à l'usage prolongé, il se formera sur ce type de théière une couche odorante. Inutile de répéter ici qu'il faut " toujours " utiliser la même famille de thé pour une même théière pour ne pas risquer de brouiller les infusions à venir.

On trouve donc une multitude de méthodes, chacune avec une multiplicité de variantes, pour culotter une théière de Yixing neuve ... autant le dire tout de suite, elles marchent toutes plus ou moins bien, car le seul but du culottage des théières de Yixing est de faire disparaitre un éventuel  " goût de terre " parfois présent avec une théière neuve ...

Ainsi, la première technique est de faire bouillir la théière dans une casserole avec le thé voulu pendant X heures ( mettre à la place du X un chiffre aléatoire, choisi en fonction de votre thème astral, de la conjonction des planètes, de votre date de naissance ou de ce que vous voudrez, aucune importance, cela tient plus de la superstition que de la science ). Technique certes efficace, mais surtout la plus dangereuse parce que grâce à l’ébullition, la théière et son couvercle vont copieusement se heurter l'un l'autre et vont également heurter le fond métallique de votre casserole ... vous savez ce que dit le proverbe du pot de fer et du pot de terre ... plus la théière est fine et cuite à haute température, plus il y a de risques, c'est pourquoi, pour moi, c'est la technique " brise tout "... bref, à éviter si vous ne voulez pas avoir de belles miettes de théière de Yixing ou si vous ne tenez pas à faire réaliser un Kintsugi avant même de l'avoir mise en service ...

On trouve aussi la technique des infusions multiples : il faut mettre X grammes de thé dans la théière, versez de l'eau chaude et laisser infuser X heures ... il faut renouveler l'opération X fois ... puis on recommence avec encore X grammes de thé et X infusions successives ... là encore, mettre à la place du X un chiffre aléatoire ou propitiatoire ... c'est la technique que j'appellerais " Maison de Thé " car elle va vous faire consommer une quantité considérable de feuilles ... et que ce sera sûrement plus rentable pour eux que pour vous ...

Vient ensuite une technique proche qui se réalise en une infusion concentrée que l'on laisse reposer X heures avant de l'éliminer ... plus rapide que la seconde technique, elle relève de la même approche, avec peut être de l'empressement en plus, et encore, attendre X heures, c'est déjà trop long, il faut être moderne et mettre cette théière à l'usage le plus vite possible voyons ... c'est la technique de " l'homme pressé " ...

Enfin, dans la même lignée, reste la technique " pourquoi attendre " qui consiste tout simplement à réaliser une infusion et à la boire ... bref à mettre la théière en fonction sans attendre ...

Je le répète, toutes ces techniques fonctionnent plus ou moins bien, la plus efficace étant la plus dangereuse et la moins efficace étant la dernière ... viennent se greffer là-dessus divers rites de pré-culottage, comme l'ébouillantage préalable de la théière, le fait de laisser immerger la théière dans de l'eau très chaude pendant X heures ou jours pour la nettoyer d'une éventuelle poussière qui pourrait boucher ses " pores " ou pour prépare la théière en "ouvrant " ses " pores " ...

Naturellement, une théière, même de Yixing, çà n'a pas de pores et donc une éventuelle poussière ne risque pas de lui donner des points noirs, pardon, de boucher ce qui n'existe pas ...

Comment  " fonctionne " la céramique et pourquoi se culotte-t'elle alors ? Tout simplement du fait de sa structure et des liens entre ses composants, que l'on pourrait schématiser ainsi :

ceramic structure

Le schéma est peut être un peu simpliste, mais il va permettre de comprendre aisément le " fonctionnement " de la céramique : la céramique, du plus grossier pot de fleur à la plus fine porcelaine est un matériau à structure cristalline, aux composants multiples, l'argile étant formé de divers oxydes et de silice. La cuisson ou frittage, donc la température plus ou moins élevée, va créer des liens au niveau ionique entre les différents éléments, ainsi que des liens plus " gros " par fusion de la silice c'est-à-dire par une vitrification incomplète pour la terre cuite, plus poussée pour les grès et encore un peu plus complète pour la porcelaine.

C'est ce qui fait que la porosité de la terre cuite est supérieure à celle du grès et que la porosité du grès est supérieure à celle de la porcelaine ... mais cette porosité existe pour ces trois types de céramique du fait de la structure cristalline de l'ensemble et c'est elle, avec la surface irrégulière de la céramique, qui permet le culottage. Autre élément favorisant encore le culottage, l'infime dilatation de la céramique avec la chaleur ( cela ne concerne pas les céramiques dites " techniques " comme les céramiques réfractaires, mais ce n'est pas le sujet ici ) qui va " agrandir " les " espaces " entre les éléments.

En buvant du thé, vous faites de la chimie : L'infusion ( nécessairement chaude ) est en effet un processus d'extraction d'arômes et de principes actifs par dissolution liquide. Votre thé va donc être fait principalement d'eau mais également, en moindre quantité et là encore pour faire court, d'huiles, de composés chimiques divers et de sels minéraux.

La structure d'une théière de Yixing va donc être infiltrée par l'infusion et le séchage de la-dite théière va entrainer l'évaporation de l'eau, laissant huiles, sels minéraux, ..., comme suit :

ceramic structure

ceramic structure

Et ainsi de suite ... chaque infusion va déposer, petit à petit, sels minéraux, principes actifs qui vont s'oxyder au contact de l'oxygène ( ce qui explique la coloration noir / marron que va prendre n'importe quelle théière quel que soit le thé qui y est fait ) et huiles " essentielles " qui vont donner ce lustre, cet aspect brillant à la théière au fil des infusions.

Naturellement, l'infiltration au " cœur " de la théière va prendre du temps et le culottage d'une théière se fait principalement en surface, sur ses bords mêmes, car comme je l'ai dit plus haut, le corps d'une théière est loin d'être aussi lisse que le suggère le toucher ... sortez une loupe et vous verrez de multiples stries et irrégularités ... si, en plus, le potier à fait correctement son travail en affinant les parois internes de la théière, il y a laissé quantité de stries que l'on voit à l’œil nu et qui sont autant de points où sels minéraux, huiles, ..., vont pouvoir s'accrocher ...

Tout ceci pour parler de la dernière méthode de culottage que je connais, qui reproduit ce phénomène " naturel " de culottage de façon intéressante mais que j'appellerais la technique " huile de coude " car elle nécessite un peu plus de travail que les autres :

On met tout d'abord X grammes de thé ( je dirais la quantité de thé qu'il faut pour remplir votre théière ) au fond de la casserole et l'on chauffe ... pas besoin de faire bouillir, 70 à 80 ° Celsius suffisent ... on introduit la théière neuve à culotter sans autre forme de procès avec l'aide d'une pince en bois parce que même si l'eau n'est pas bouillante, il y a toujours moyen de se faire bien mal avec de l'eau à 80 ° ...

Culottage d'une théière en grès de Yixing

On laisse tremper quelques minutes à 70 ou 80 °, pas la peine d'attendre une heure et surtout on garde un feu doux sous la casserole pour garder l'eau chaude sans jamais produire le moindre bouillonnement. On retire ensuite à l'aide de pinces en bois :

Culottage Yixing

A ce stade, pas la peine de rincer la théière ... on fait juste sécher le maximum possible .... s'il y a du soleil, c'est encore mieux, çà accélère le processus de séchage ...

Grès de Yixing culottage

Une fois que l'ensemble est sec, on recommence le processus : on replonge la théière, on la laisse imbiber, on la ressort, on la laisse à nouveau sécher ... et on recommence ... répéter le processus X fois, cette fois-ci en fonction de vos envies, de votre patience, de votre habileté à ne pas laisser choir votre théière parce que vous avez deux mains gauches ou que vous êtes maudit avec les objets fragiles ...

J'ai pu remarquer qu'en général la répétition de cette manœuvre 3 à 5 fois donne de bons résultats ... après, chacun fera comme il voudra ... si vous avez le temps et l'envie de répéter l'opération une dizaine de fois, cela ne fera pas de mal ...

Cette " technique " est à mon sens la meilleure de toutes celles citées ou de leur variantes car facile à mettre en œuvre, tout de même assez économe en thé et se rapprochant le plus d'une répétition du processus " naturel " de culottage ... en résumé, elle est la meilleure non pas parce qu'elle a le plus d'avantages, mais parce qu'elle a surtout le moins d'inconvénients.

En tout état de cause, beaucoup de bruit et de querelles de clochers pour un état plus que transitoire, le véritable culottage d'une théière, la patine qu'elle va prendre, se faisant au fil de infusions que l'on y réalise, et peut être plus encore au fil du souvenir de ces infusions ...

14 juin 2014

Oolong Osmanthe " Porte Rouge "

Wulong osmanthe

Une fois n'est pas coutume, voici un thé aromatisé à la fleur d'osmanthe. Comme son prédécesseur, il est commercialisé au prix de 15 € les 100 grammes à " La Porte Rouge ".  Pour celui-ci aussi, les feuilles sont bien vertes et odorantes, là encore signe, en général, d'un Oolong relativement frais et peu oxydé. C'est encore une dominante de sève / chlorophylle qui vient de suite au nez sous cette forme sèche, et l'on ne sent pas les fleurs d'osmanthe qui ont été rajoutées pour le parfumer.

gaiwan en verre

zhong en verre

Coupe en porcelaine décor rouge de fer sur couverte

La liqueur est d'un beau jaune un peu pâle, totalement limpide. Au nez, ce sont les fleurs qui dominent, fleurs blanches comme le lys mais accompagnées de fleurs des champs. En bouche, c'est encore le lys et une certaine verdeur qui viennent en premier, mais " tempérés " par la fine pointe sucrée / miellée de la fleur d'osmanthe, le tout étant accompagné d'une fine pointe d'acidité qui souligne une longueur en bouche fleurie.

thé parfumé à la fleur d'osmanthe

thé parfumé à la fleur d'osmanthe

On retrouve dans l'infusion les pistils et les corolles de fleur d'osmanthe que l'on pouvait voir dans le thé sous sa forme sèche. On ne sent pas énormément l'apport de ces fleurs, sauf peut être par la touche sucrée / miellée assez difficile à définir ... on sent une différence par rapport à un Oolong " normal " de bonne qualité mais elle reste très faible, rien à voir avec les thés parfumés que l'on rencontre habituellement ... ici, clairement, pas de triturage aux huiles " essentielles " naturelles ou non posées sur un thé prétexte de faible qualité ou " d'arômes visuels " destinés à tromper l’œil et surtout le cerveau du consommateur ...