DemysTEAfication

23 décembre 2015

Matcha Kumoi No Shiro

Blog sur le thé

Commercialisé par la Maison Sankyuen et déniché par Sébastien du blog Vacuithé, ce matcha affiche un prix de départ japon de 32,30 € les 200 grammes ce qui fait, tout frais compris à l'arrivée en France 43,83 € les 200 grammes, soit entre 16,15 € et 21,91 € les 100 grammes.

Living National Treasure

Comme toujours, une large plage horaire, c'est toujours l'occasion de sortir le matériel au complet ou presque car fonctionner à l’électricité à tout de même quelques avantages ... Chawan, Chashaku, Chasen, Hishaku, Futaoki, Furo et Kama ... plus un Chaire dans le cas présent car la boite métallique de 200 grammes c'est un peu énorme ...

thé et céramique

Ne reste plus à attendre que l'eau chauffe dans le petit Kama fabriqué par Takahashi Keiten ( 1920 - 2009 ) et qui contient précisément un litre d'eau ...

Chanoyu

Keiten Takahashi

Ne reste plus qu'à puiser l'eau chaude et à verser dans le chawan ... comme nous sommes maintenant entrés dans l'Hiver, le Tsutsu-chawan est de rigueur, ici dans le style Kuro Raku, réalisé par Sasaki Shoraku.

kuro raku tsutsu chawan

Ce matcha est plutôt doux, sans grande amertume et avec un petit côté iodé lorsqu'il est fortement dosé, ce qui en fait plutôt un bon candidat pour qui voudrait se lancer dans le Koicha. Plutôt agréable, il est égal du début à la fin.

blog thé

On a là un matcha de consommation courante qui ne dépasse pas en qualité les matcha Hatsumukashi, Hatsumukashi Bio, Enkou ou encore Uji Bio Premium. Par contre, il égale sans aucun doute le Seijo No Shiro ou le Matcha Uji, cela pour un prix presque dix fois moindre, et surclasse les autres matcha que j'ai pu boire jusqu'à présent. Son coût relativement modique lui confère par ailleurs un rapport qualité / prix sans égal, preuve qu'il est possible de boire un matcha de qualité, de façon quotidienne au vu du conditionnement et le tout sans engager des sommes considérables.

Furogama électrique

19 décembre 2015

Quatre ...

Fukurokuju

Et voilà venu le temps du billet cyclique, billet marronnier, billet bilan ... billet anniversaire ... Donc nous en sommes à 351 billets ainsi que 738 commentaires et 228431 "vues" ... merci à vous, d'autant plus que le sujet est au final assez confidentiel.

Palais du shogun

Naturellement, comme toujours, il suffit de jeter un œil sur la "Théothèque" pour voir que les brouillons en souffrance de compte-rendu de dégustation persistent à s'accumuler, en partie par manque de temps pour les mettre au propre et en partie parce qu'il y a des sujets plus prioritaires à mon sens ... donc je formule encore le vœu pieux, qui risque à force de devenir le running gag de cette page que, sans nul doute les brouillons en souffrance vont finir par se résorber ...

blog sur le thé

Quatre ans déjà que ce blog existe donc ... pas une longévité exceptionnelle s'il en est, mais au vu du nombre de concourants abordant plus ou moins le même centre d'intérêt qui sont apparus et ont disparus dans le même laps de temps, je m'étonne tout de même un peu selon les moments ... à d'autres, vu le nombre de créatures issues de la mythologie scandinaves qui peuplent la toile et le marketing mensonger et agressif de certaines enseignes, je m'étonne encore un peu plus, même si les vagues s'écrasent toujours au bas de la muraille. Je me dis également qu'il y a encore tellement de choses à faire et pas assez de temps libre pour tout mettre en œuvre ... mais chaque chose en son temps après tout. Ne reste donc qu'à se placer sous les bons hospices de celui qui ouvre cet article, à savoir Jurojin et/ou de Fukurokuju ( un petit malin, le peintre qui a réalisé cette œuvre ), celui-ci puisse-t-il me prêter un peu de sa longévité.

demysteafication

13 décembre 2015

Tie Guan Yin 1er grade " Terre de Chine "

Oolong Tie Guan Yin

Faiblement oxydé, ce Wulong, issu ou plutôt exhumé des limbes des brouillons de ce blog que je ne désespère pas de vider, était commercialisé au prix de 38 € les 100 grammes. Il s'agit, comme le titre l'indique, d'un " premier grade ", appellation qui recouvre différentes réalités car ce " titre " n'est en rien une appellation liée à une règle canonique qui indiquerait un standard de qualité égal entre différents fournisseurs, ou même entre différentes années.

Wulong Tie Guan Yin

La liqueur est d'un beau jaune doré, plutôt limpide. Je dis "plutôt " car il y a néanmoins un petit trouble qui, s'il est difficilement perceptible, n'en est pas moins présent.

Au nez, ce sont les lys et les fleurs blanches qui sont omniprésentes, sans grande surprise pour ce Wulong qui semble de prime abord très floral, ce qui pourra rebuter certains.

En bouche, ce sont les fleurs qui dominent exclusivement. Les fleurs semblent cependant un peu plus capiteuses, le lys étant là un peu en retrait au départ, pour gagner un peu plus de puissance avec la longueur en bouche qui révèle également une pointe d'acidité que l'on ne ressent pas au départ.

TeamTeaAddict

L'infusion est assez belle, bien que quelques débris épars soient présents et que bon nombre de feuilles, même entières aient des contours quelques peu marqués d'irrégularités. Au final, c'est là un thé qui semble s'inscrire dans la continuité de la sélection du comptoir " Terre de Chine ", semblable à son prédécesseur comme à son successeur, avec globalement un bon rapport qualité / prix.

3 décembre 2015

Manuel d'initiation à la pratique du thé en feuilles - Sencha Tebiki no Tane

Université waseda
Photographie © Université Waseda

Rédigé par Yamamoto Toryuken et publié par l'éditeur Suharayashinbee en 1848, établi dans le quartier Koto de l'ancien Edo (actuelle Tokyo). L'ouvrage Sencha Tebiki no Tane ou Manuel d'initiation à la pratique du thé en feuilles est un livre qui est donc consacré comme son titre l'indique au Sencha, de sa cueillette à sa préparation, et est un genre de mode d'emploi présentant notamment ustensiles, conseils de préparation, ..., et peut être également une sorte de publicité pour la Maison Yamamotoyama.

Katsushika Hokusai
Photographie © Université Waseda

L'ouvrage présente l'intérêt d'avoir été assez abondamment illustré sous la signature Oi Eijo hitsu par Katsushika Oi, fille de Katsushika Hokusai. Celle-ci a été la disciple de Tsutsumi Torin III et fut mariée pendant une brève période à Minamisawa Tomei, également disciple de Tsutsumi Torin III. Comme elle divorça de Minamisawa Tomei pour servir d'assistante à son père atteint de paralysie à la fin de sa vie et ce à priori jusqu'à sa mort, que ce dernier est mort en 1849 et que l'on sait au final peu de choses sur son existence, les illustrations auraient pu être plus ou moins largement inspirées par Hokusai lui-même pour tout ou partie. Vu l'état des sources, il y a peu de chance de pouvoir un jour en tirer des certitudes mais les illustrations sont à ce jour attribuées à Katsushika Oi.

Katsushika Oi
Photographie © Université Waseda
Katsushika Oi
Photographie © Université Waseda
blog sur le thé
Photographie © Université Waseda
blog de thé
Photographie © Université Waseda

On peu ainsi voir différentes dispositions d'ustensiles pour le Sencha, Bofura, Ryoro, Kyusu, Yunomi, Chadana, Koro, ..., encyclopédie visuelle du placement des différents objets pour le Senchado tout en étant également comme une sorte de catalogue. De fait, semblant relativement répandu, l'ouvrage est disponible en ligne en intégralité sur de nombreux sites de bibliothèques en ligne, comme celui de l'Université Waseda ou celui de la National Diet Library du Japon.

Blog sur le thé
Photographie © Université Waseda
blog sur le thé
Photographie © Université Waseda
blog sur le thé
Photographie © Université Waseda
blog de thé
Photographie © Université Waseda

blog à propos de thé
Photographie © Université Waseda

29 novembre 2015

Exposition au Petit Palais : Fantastique ! Kuniyoshi. Le démon de l'estampe - L'estampe visionnaire. De Goya à Redon

Fantastique ! Kuniyoshi. Le démon de l'estampe

Depuis le 1er octobre et jusqu'au 17 janvier 2016, se tient au Petit Palais - Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris une double exposition consacrée à l'art de l'estampe. Celle japonaise, à travers un accrochage monographique centré sur Kuniyoshi mais aussi les estampes européennes, avec essentiellement un panel d'artistes du XIXème siècle comme Gustave Doré, Eugène Delacroix, Francisco de Goya, ... Les deux expositions se succèdent, l'entrée se faisant par celle consacrée à Kuniyoshi pour ensuite passer dans le domaine de l'estampe fantastique européenne dont on pourra regretter que, bien que centrée sur ce que l'on peut appeler le "romantisme noir", celle-ci ne s'attarde pas un peu plus sur le renouveau, à cette époque, du thème de la Danse Macabre, par l'accrochage d’œuvres d'Alfred Rethel, par exemple.

démon squelette géant
Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), La Princesse Takiyasha appelant un monstrueux fantôme squelettique à l’ancien palais, à Soma, 1845-1846. Partie centrale du triptyque, 39 x 26,5 cm.
Photographie © Gallery Beniya / Collection particulière.

Mais passons, puisque ce qui nous intéresse ici en premier chef, c'est de pouvoir admirer, réunies dans le même lieu, un grand nombre d’œuvres de Kuniyoshi, artiste relativement méconnu en France, où les grands maîtres de l'estampe sont injustement éclipsés par Katsushika Hokusai ainsi que, dans une moindre mesure, par Utagawa Hiroshige.

le moine mongaku à la cascade de nashi
Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), Le moine Mongaku, de la série Les six figures favorites de Kuniyoshi mises en correspondance avec le cycle des six jours,1860. Estampe, 39 x 26,5 cm.
Photographie © Gallery Beniya / Collection particulière.

L’œuvre de Kuniyoshi n'est pourtant pas  négligeable et par bien de aspects plus dynamique sur le plan graphique que celle des auteurs cités un peu plus haut comme on peut le voir, par exemple, avec l'estampe ci-dessus, représentant le samouraï Endo Morito, devenu moine sous le nom de Mongaku Shonin, faisant pénitence à la cascade de Nashi pour expier le meurtre de sa maîtresse Kesa et recevant la visite de Saitaka, acolyte de Fudo Myoo, vingt et un jours après le début de la-dite pénitence.

estampe japonaise tryptique
minamoto no tametomo sauvé par des tengu
Minamoto no Tametomo sauvé par l'empereur Sutoku
Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), L'Empereur retiré Sutoku envoie ses vassaux au secours de Minamoto no Tametomo pendant qu'un vassal de Tametomo et un requin sauvent son fils et que sa femme se jette à l'eau pour calmer les flots, 1851. Triptyque, 3 estampes de 24,1 x 36,8. Photographie © Gallery Beniya / Collection particulière.


Par son ampleur et sa qualité cette exposition se hisse au niveau des premier et second volets de l'exposition Hokusai qui s'était tenue un peu plus tôt dans l'année et qui avait connu un large succès. Malgré une publicité nettement moindre, le bouche-à-oreille ayant fait son travail, cette exposition semble également connaitre un certain succès et mieux vaut prévoir une certaine attente et ne pas non plus sous-estimer le temps nécessaire à la visite de cette double exposition. Mieux vaut enfin ne pas attendre trop longtemps avant de se rendre à cette exposition tant l'occasion est rare.

la sorcière chat d'okabe
Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), La sorcière-chat d'Okabe, de la série Histoires d'autrefois des démons japonais, 1860. Partie centrale du triptyque. Estampe, 39 x 26,5 cm.
Photographie © Gallery Beniya / Collection particulière.

Enfin, une des caractéristiques de l’œuvre d'Utagawa Kuniyoshi est la satyre de la société qui l'entoure alors, et qu'il met souvent en scène à travers les animaux imitant les attitudes et les mimiques humaines. Kuniyoshi, en amoureux des chats les représentera d'ailleurs à de multiples reprises même si ceux-ci ont souvent le mauvais rôle dans les anciennes légendes japonaises.

dragons
Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), Deux dragons autour d'une chute d'eau, 1831. Estampe, 24,4 x 36,8 cm. Photographie © Victoria & Albert Museum.