DemysTEAfication

17 juin 2014

Quel culottage ?

théière de Yixing culottage

Sur le net, il est assez simple de trouver de multiples conseils pour le culottage de tout et de n'importe quoi, de la poêle en acier à la crêpière en fonte en passant par celui des divers pots de cuisson en terre ...

Les théières de Yixing n'échappent naturellement pas à cette règle et à l'usage prolongé, il se formera sur ce type de théière une couche odorante. Inutile de répéter ici qu'il faut " toujours " utiliser la même famille de thé pour une même théière pour ne pas risquer de brouiller les infusions à venir.

On trouve donc une multitude de méthodes, chacune avec une multiplicité de variantes, pour culotter une théière de Yixing neuve ... autant le dire tout de suite, découlant du même "modèle", elles marchent toutes plus ou moins bien, à de rares exceptions près, car le seul but du culottage des théières de Yixing est de faire disparaitre un éventuel  " goût de terre " parfois présent avec une théière neuve ...

Commençons par l’exception dont je parlais plus haut, pour l'éliminer au plus vite : une méthode farfelue : frotter sa théière avec des feuilles de thé infusées ... A part peut être teinter un peu la face extérieure de la théière, il n'y aura bien sûr aucun résultat avec cette technique. Si l'on prend la peine d'y réfléchir cinq minutes, on voit d'ailleurs mal comment cela pourrait fonctionner car cela ne marquera pas la théière en profondeur ... et cela sans prendre en compte le fait qu'il risque d'être plus que mal-aisé de vouloir frotter certaines familles de thé plutôt hachées sur la théière ...

Ainsi, la première vraie technique est de faire bouillir la théière dans une casserole avec le thé voulu pendant X heures ( mettre à la place du X un chiffre aléatoire, choisi en fonction de votre thème astral, de la conjonction des planètes, de votre date de naissance ou de ce que vous voudrez, aucune importance, cela tient plus de la superstition que de la science ). Technique certes efficace, mais surtout la plus dangereuse parce que grâce à l’ébullition, la théière et son couvercle vont copieusement se heurter l'un l'autre et vont également heurter le fond métallique de votre casserole ... vous savez ce que dit le proverbe du pot de fer et du pot de terre ... plus la théière est fine et cuite à haute température, plus il y a de risques, c'est pourquoi, pour moi, c'est la technique " brise tout "... bref, à éviter si vous ne voulez pas avoir de belles miettes de théière de Yixing ou si vous ne tenez pas à faire réaliser un Kintsugi avant même de l'avoir mise en service ...

On trouve aussi la technique des infusions multiples : il faut mettre X grammes de thé dans la théière, versez de l'eau chaude et laisser infuser X heures ... il faut renouveler l'opération X fois ... puis on recommence avec encore X grammes de thé et X infusions successives ... là encore, mettre à la place du X un chiffre aléatoire ou propitiatoire ... c'est la technique que j'appellerais " Maison de Thé " car elle va vous faire consommer une quantité considérable de feuilles ... et que ce sera sûrement plus rentable pour eux que pour vous ...

Vient ensuite une technique proche qui se réalise en une infusion concentrée que l'on laisse reposer X heures avant de l'éliminer ... plus rapide que la seconde technique, elle relève de la même approche, avec peut être de l'empressement en plus, et encore, attendre X heures, c'est déjà trop long, il faut être moderne et mettre cette théière à l'usage le plus vite possible voyons ... c'est la technique de " l'homme pressé " ...

Enfin, dans la même lignée, reste la technique " pourquoi attendre " qui consiste tout simplement à réaliser une infusion et à la boire ... bref à mettre la théière en fonction sans attendre ...

Je le répète, toutes ces techniques fonctionnent plus ou moins bien, la plus efficace étant la plus dangereuse et la moins efficace étant la dernière ... viennent se greffer là-dessus divers rites de pré-culottage, comme l'ébouillantage préalable de la théière, le fait de laisser immerger la théière dans de l'eau très chaude pendant X heures ou jours pour la nettoyer d'une éventuelle poussière qui pourrait boucher ses " pores " ou pour préparer la théière en "ouvrant " ses " pores " ...

Naturellement, une théière, même de Yixing, çà n'a pas de pores et donc une éventuelle poussière ne risque pas de lui donner des points noirs, pardon, de boucher ce qui n'existe pas ...

Comment  " fonctionne " la céramique et pourquoi se culotte-t'elle alors ? Tout simplement du fait de sa structure et des liens entre ses composants, que l'on pourrait schématiser ainsi :

ceramic structure

Le schéma est peut être un peu simpliste, mais il va permettre de comprendre aisément le " fonctionnement " de la céramique : la céramique, du plus grossier pot de fleur à la plus fine porcelaine est un matériau à structure cristalline, aux composants multiples, l'argile étant formé de divers oxydes et de silice. La cuisson ou frittage, donc la température plus ou moins élevée, va créer des liens au niveau ionique entre les différents éléments, ainsi que des liens plus " gros " par fusion de la silice c'est-à-dire par une vitrification incomplète pour la terre cuite, plus poussée pour les grès et encore un peu plus complète pour la porcelaine.

C'est ce qui fait que la porosité de la terre cuite est supérieure à celle du grès et que la porosité du grès est supérieure à celle de la porcelaine ... mais cette porosité existe pour ces trois types de céramique du fait de la structure cristalline de l'ensemble et c'est elle, avec la surface irrégulière de la céramique, qui permet le culottage. Autre élément favorisant encore le culottage, l'infime dilatation de la céramique avec la chaleur ( cela ne concerne pas les céramiques dites " techniques " comme les céramiques réfractaires, mais ce n'est pas le sujet ici ) qui va " agrandir " les " espaces " entre les éléments.

En buvant du thé, vous faites de la chimie : L'infusion ( nécessairement chaude ) est en effet un processus d'extraction d'arômes et de principes actifs par dissolution liquide. Votre thé va donc être fait principalement d'eau mais également, en moindre quantité et là encore pour faire court, d'huiles, de composés chimiques divers et de sels minéraux.

La structure d'une théière de Yixing va donc être infiltrée par l'infusion et le séchage de la-dite théière va entrainer l'évaporation de l'eau, laissant huiles, sels minéraux, ..., comme suit :

ceramic structure

ceramic structure

Et ainsi de suite ... chaque infusion va déposer, petit à petit, sels minéraux, principes actifs qui vont s'oxyder au contact de l'oxygène ( ce qui explique la coloration noir / marron que va prendre n'importe quelle théière quel que soit le thé qui y est fait ) et huiles " essentielles " qui vont donner ce lustre, cet aspect brillant à la théière au fil des infusions.

Naturellement, l'infiltration au " cœur " de la théière va prendre du temps et le culottage d'une théière se fait principalement en surface, sur ses bords mêmes, car comme je l'ai dit plus haut, le corps d'une théière est loin d'être aussi lisse que le suggère le toucher ... sortez une loupe et vous verrez de multiples stries et irrégularités ... si, en plus, le potier à fait correctement son travail en affinant les parois internes de la théière, il y a laissé quantité de stries que l'on voit à l’œil nu et qui sont autant de points où sels minéraux, huiles, ..., vont pouvoir s'accrocher ...

Tout ceci pour parler de la dernière méthode de culottage que je connais, qui reproduit ce phénomène " naturel " de culottage de façon intéressante mais que j'appellerais la technique " huile de coude " car elle nécessite un peu plus de travail que les autres :

On met tout d'abord X grammes de thé ( je dirais la quantité de thé qu'il faut pour remplir votre théière ) au fond de la casserole et l'on chauffe ... pas besoin de faire bouillir, 70 à 80 ° Celsius suffisent ... on introduit la théière neuve à culotter sans autre forme de procès avec l'aide d'une pince en bois parce que même si l'eau n'est pas bouillante, il y a toujours moyen de se faire bien mal avec de l'eau à 80 ° ...

Culottage d'une théière en grès de Yixing

On laisse tremper quelques minutes à 70 ou 80 °, pas la peine d'attendre une heure et surtout on garde un feu doux sous la casserole pour garder l'eau chaude sans jamais produire le moindre bouillonnement. On retire ensuite à l'aide de pinces en bois :

Culottage Yixing

A ce stade, pas la peine de rincer la théière ... on fait juste sécher le maximum possible .... s'il y a du soleil, c'est encore mieux, çà accélère le processus de séchage ...

Grès de Yixing culottage

Une fois que l'ensemble est sec, on recommence le processus : on replonge la théière, on la laisse imbiber, on la ressort, on la laisse à nouveau sécher ... et on recommence ... répéter le processus X fois, cette fois-ci en fonction de vos envies, de votre patience, de votre habileté à ne pas laisser choir votre théière parce que vous avez deux mains gauches ou que vous êtes maudit avec les objets fragiles ...

J'ai pu remarquer qu'en général la répétition de cette manœuvre 3 à 5 fois donne de bons résultats ... après, chacun fera comme il voudra ... si vous avez le temps et l'envie de répéter l'opération une dizaine de fois, cela ne fera pas de mal ...

Cette " technique " est à mon sens la meilleure de toutes celles citées ou de leur variantes car facile à mettre en œuvre, tout de même assez économe en thé et se rapprochant le plus d'une répétition du processus " naturel " de culottage ... en résumé, elle est la meilleure non pas parce qu'elle a le plus d'avantages, mais parce qu'elle a surtout le moins d'inconvénients.

En tout état de cause, beaucoup de bruit et de querelles de clochers pour un état plus que transitoire, le véritable culottage d'une théière, la patine qu'elle va prendre, se faisant au fil de infusions que l'on y réalise, et peut être plus encore au fil du souvenir de ces infusions ...

14 juin 2014

Wulong Osmanthe " Porte Rouge "

Wulong osmanthe

Une fois n'est pas coutume, voici un thé aromatisé à la fleur d'osmanthe. Comme son prédécesseur, il est commercialisé au prix de 15 € les 100 grammes à " La Porte Rouge ".  Pour celui-ci aussi, les feuilles sont bien vertes et odorantes, là encore signe, en général, d'un Wulong relativement frais et peu oxydé. C'est encore une dominante de sève / chlorophylle qui vient de suite au nez sous cette forme sèche, et l'on ne sent pas les fleurs d'osmanthe qui ont été rajoutées pour le parfumer.

gaiwan en verre

zhong en verre

Coupe en porcelaine décor rouge de fer sur couverte

La liqueur est d'un beau jaune un peu pâle, totalement limpide. Au nez, ce sont les fleurs qui dominent, fleurs blanches comme le lys mais accompagnées de fleurs des champs. En bouche, c'est encore le lys et une certaine verdeur qui viennent en premier, mais " tempérés " par la fine pointe sucrée / miellée de la fleur d'osmanthe, le tout étant accompagné d'une fine pointe d'acidité qui souligne une longueur en bouche fleurie.

thé parfumé à la fleur d'osmanthe

thé parfumé à la fleur d'osmanthe

On retrouve dans l'infusion les pistils et les corolles de fleur d'osmanthe que l'on pouvait voir dans le thé sous sa forme sèche. On ne sent pas énormément l'apport de ces fleurs, sauf peut être par la touche sucrée / miellée assez difficile à définir ... on sent une différence par rapport à un Wulong " normal " de bonne qualité mais elle reste très faible, rien à voir avec les thés parfumés que l'on rencontre habituellement ... ici, clairement, pas de triturage aux huiles " essentielles " naturelles ou non posées sur un thé prétexte de faible qualité ou " d'arômes visuels " destinés à tromper l’œil et surtout le cerveau du consommateur ...

11 juin 2014

Le décor de la porcelaine : Sur ou Sous couverte ?

Imari chinois

A ses débuts l'amateur de porcelaine est souvent confronté à des termes divers dont le sens profond lui est, en général, assez hermétique. Parmi ceux-ci, les termes de " décor sur couverte " ou " décor sous couverte " sont peut être ceux qui, au premier abord, sont les plus abstraits à appréhender. Cela repose en partie sur le fait que la composition de la porcelaine est souvent mal comprise et vue comme un bloc monolithique passant tel quel des mains du potier à celles de l'utilisateur et subissant juste un petit passage au four.

Il faut tout d'abord savoir que la pâte de porcelaine n'est pas, en elle même, imperméable. C'est l'adjonction d'une couverte ou glaçure qui va, lors du processus de cuisson, par la vitrification, lui conférer la particularité d'être presque aussi imperméable que le verre. L'apposition de cette couverte ou glaçure est donc un trait commun entre la porcelaine et tout autre type de grès émaillé.

A partir de là, la seule particularité qui va distinguer la porcelaine des autres céramiques est l'utilisation de couvertes translucides pour faire ressortir la blancheur de la pâte de porcelaine. les producteurs de tels objets, après quelques siècles ( les premières couvertes des articles porcelaineux allant du céladon au blanc crème en passant par le jaune ), se rendront bien compte de la possibilité de fixer un décor sous cette couverte translucide.

Imari chinois

Pour la réalisation de décors sous couverte, deux types de pigments s'appliquent presque exclusivement, donnant deux couleurs bien précises : le rouge tiré du cuivre et le bleu tiré du cobalt. Le rouge de cuivre donne un rouge qui semble manquer de vigueur et est généralement utilisé seul en décor sous couverte. Le bleu de cobalt constitue d'abord à lui seul le décor sous couverte des porcelaines blanc bleu. Ces deux couleurs sont utilisées car elles peuvent " résister " à une cuisson à haute température, nécessaire pour la vitrification de la porcelaine, tout en ne laissant pas les motifs décoratifs " s'épater " ou se " diluer " lors de cette étape de vitrification de la couverte. Ces deux couleurs, en se retrouvant donc sous la couverte transparente gagnent également en permanence, étant protégés par la-dite couverte.

Le bleu de cobalt tenant mieux la précision du trait que le rouge de cuivre qui tend à ne pas conserver un trait trop fin, il a donc été largement utilisé pour former le support d'un décor  polychrome qui sera appliqué sur la couverte.

Ainsi, la pose d'un décor polychrome, comme celui des articles de porcelaine de style Imari, se fera toujours de la façon suivante : Premièrement, une application du décor de cobalt sous couverte puis une cuisson à haute température ( plus de 1260 ° Celsius ) qui va donc produire une porcelaine blanc bleu. A une telle pièce, on applique un décor polychrome qui vient donc se placer sur la couverte d'où le terme parfois usité de " sur-décoration ". Une fois ces nouveaux émaux appliqués ( les ors, les verts, le rouge de fer - qui donne un rouge vif -, le noir, ... ), on procède à une deuxième cuisson à basse température ( 800 ° à 1000 ° Celsius ) pour fixer les-dits émaux.

Porcelaine chinoise ancienne

Porcelaine chinoise ancienne

Porcelaine chinoise ancienne

Outre le fait que seul le bleu de cobalt ou presque est appliqué sous couverte, les émaux sur couverte se détectent facilement par un ensemble de moyen faciles à mettre en œuvre.

Tout d'abord par la vue, en jouant avec le reflet de la lumière sur une pièce de porcelaine. Ainsi le décor sur couverte semblera " mat " car non vitrifié alors que le décor sous couverte sera " brillant " car placé sous la couche vitrifiée, comme sur les trois photographies ci-dessus.

Ensuite, plus facilement encore, par le toucher, l'application des émaux du décor sur couverte laissant un relief ( comme cela peut se voir sur les photographies ci-dessous ) qu'il est aisé de sentir en touchant directement la pièce.

Arita Yaki Arita Yaki
Porcelaine d'Arita Porcelaine de Satsuma

Porcelaine chinoise ancienne

Toutes ces diverses remarques s'entendent naturellement pour les décors appliqués manuellement, et non pas pour ceux appliqués de façon contemporaine par transfert, d'un bloc, d'une décalcomanie et cuisson à basse température pour des pièces moulées industriellement.

Pour l'anecdote, l'application d'un décor sur couverte permettra également, par de petites variations du motif, d'essayer de camoufler les petites imperfections de la cuisson comme le montre l'exemple suivant ( n'hésitez pas, cliquez sur les photographies, ce sera mieux en " plein écran " ) :

Porcelaine de Satsuma Porcelaine de Satsuma

Toutes ces considérations prises en compte, les possibilités décoratives sont presque sans limites mais l'application des divers émaux de couleurs et la réalisation des décors nécessitent d'être pensés à l'avance, dès avant même l'application du bleu de cobalt sous couverte. La réalisation d'un décor polychrome est donc le résultat de nombreuses étapes plus ou moins périlleuses ( comme les cuissons ) ou complexes ( avec l’interaction des motifs en bleu de cobalt que viennent compléter les autres couleurs ). La plus petite pièce à décor polychrome peint à la main prend donc dès lors une dimension toute particulière ...

Porcelaine japonaise ancienne

Porcelaine japonaise ancienne

Porcelaine chinoise ancienne

9 juin 2014

Porcelaine : Les traces d'usure

Le lapin dans la lune

Les traces de manufacturation ne sont pas les seuls traces que l'on observe sur la porcelaine. On peut également y observer des traces d'usures. Celles-ci sont spécifiques aux porcelaines qui prennent de l'âge car elles sont liées à leur utilisation, aux frottements, empilements, chocs, ..., bref, à un usage plus ou moins intensif.

La première grande trace d'usure est très facile à voir et touche un type d'émail en particulier : la dorure. Celle-ci est en effet relativement fragile et résiste mal aux frottements. Les aplats résistent cependant mieux que les ors posés sur les bordures.

Moineau dans une branche

Le lapin dans la lune

Une autre trace d'usure, qui résulte d'un accident puisque engendrée par un choc la plupart du temps, est le fêle. Lorsqu'il est très fin, il prend le nom de "cheveu" mais il s'agit toujours d'un fêle, d'une fêlure. Il se détecte très facilement, en passant la pointe de l'ongle dessus, car on ressent alors l'accroc là où l'ongle devrait glisser. Le même fêle se retrouve également sur les deux faces d'une pièce.

Assiette chinoise 18ème siècle à cerise

Assiette chinoise XVIIIème siècle à cerise

Mais les traces les plus communes sont cependant les rayures de la couverte. Naturellement, plus la pièce de céramique est destinée à un usage courant, plus ces rayures sont censées être nombreuses. Ainsi, en toute logique, les petites coupes, les contenants, bols et assiettes très simples à usage journalier sont théoriquement plus sujets à porter de nombreuses traces qu'une vaisselle de prix très décorée et réservée aux grandes occasions ou que les grandes pièces d'apparat tels que vases ou potiches de décoration. C'est donc ici que la connaissance des formes de la céramique ancienne et des tâches auxquelles étaient destinées ces formes est utile.

Imari chinois

Imari chinois

Imari chinois

Pour repérer au mieux ces traces, on " joue " avec la lumière qui va ainsi permettre de voir les atteintes à la couverte qui apparaissent mates. Ceci est dû à la similitude entre le verre et la couverte de la porcelaine, qui est translucide. Si ces traces sont le résultat d'un usage régulier et répété, elles sont également de formes aléatoires et sont aléatoirement réparties sur l'ensemble de la pièce. Elles ne reproduisent donc normalement pas un schéma répétitif, comme des traces qui auraient été faites volontairement et seulement à certains endroits visibles comme cela se voit parfois pour les faux. C'est la raison pour laquelle l'observation de ces usures apprend un certain nombre de choses à l’œil averti.

Porcelaine chinoise ancienne

Ainsi, entre les traces d'usures, les traces inhérentes à la fabrication des pièces anciennes et les autres contraintes techniques auxquelles étaient soumis les anciens, on comprendra aisément qu'il est assez peu rentable pour d'éventuels faussaires d'essayer de fabriquer des copies de pièces de consommation courante peu raffinées qui se vendront au final  assez mal même à une cinquantaine d'euros au mieux ... dès lors, le moyen le plus courant pour d'éventuels vendeurs de faire passer des pièces récentes pour anciennes est juste de mentir, volontairement ou par ignorance, sur l'âge réel des pièces. Un rapide examen pourra dès lors facilement confirmer ou infirmer une datation ancienne pour de telles pièces, mais les choses commencent à se gâter pour les grandes pièces plus onéreuses ou pour les céramiques de qualité ... à partir de là, comme je l'ai déjà écrit, pour une datation se rajoute toujours une étude du décor, de la forme et de l'éventuelle signature ou de l'éventuelle mention portée sur la pièce qui doivent correspondre à la même époque. Cette étape ci requiert par contre une certaine expertise et une certaine formation et ne s'improvise donc pas.

7 juin 2014

De la Chine aux Arts Décoratifs

qilin, qílín, kilin, kirin ou kỳ lân

Plus que 3 semaines pour se rendre au Musée des Arts Décoratifs pour visiter l'exposition temporaire " De la Chine aux Arts Décoratifs " qui se clôturera le 29 juin prochain.

qilin, qílín, kilin, kirin ou kỳ lân

Cette exposition offre un rapide panorama complet de l'art de la Chine, tous les domaines d'expression de cet art étant présentés, avec un accent particulier sur les bronzes en émaux cloisonnés et sur les brûles-parfums réalisés dans cette technique particulière, tout à fait maîtrisée par les maîtres fondeurs de l'Empire du Milieu.

Bronzes chinois anciens  Bronzes chinois anciens

Bronzes chinois anciens

Même si les multiples bronzes cloisonnés méritent à eux seuls le déplacement, la céramique n'est naturellement pas en reste tant elle fut un domaine d'expression privilégié des artistes chinois, et tous les styles sont présentés de manière à pouvoir être rapidement embrassés du regard.

porcelaine chinoise ancienne brûle parfum chinois en bronze

Enfin, on remarquera encore particulièrement la présentation de divers vêtements de cours et de divers vêtements informels, aux soieries très fragiles et aux fines et multiples broderies, si délicats à présenter de manière permanente aux yeux du public.

porcelaine blanc bleu