DemysTEAfication

26 mai 2012

Le thé, histoire d'un art de vivre

Théière en Yixing

Publié dans le cadre d'une exposition intitulée " Le Thé, histoire d'un art de vivre. La collection K.S. Lo du Flagstaff House Museum of Tea Ware " qui s'est tenue au Musée Royal de Mariemont du 14 novembre 2009 au 21 février 2010, l'ouvrage Le thé, histoire d'un art de vivre. La collection K.S. Lo du Flagstaff House Museum of Tea Ware sert de catalogue à cette exposition, comme son titre même le laisse supposer.

chawan tenmoku
Grès gris, glaçure "fourrure de lièvre", fours de Jian, époque Song du Sud. Photographie ©Leisure and Cultural Services Department of the Government of the Hong Kong Special Administrative Region of the People's Republic of China

Comme souvent pour les catalogues d'exposition, celui-ci est organisé en deux grandes parties : une partie constituée en majorité d'articles scientifiques, avec également quelques autres textes, et une partie constituée par le catalogue illustré des pièces présentées dans l'exposition visée.

flagstaff house museum of tea ware
Grès pourpre foncé, fours de Yixing, 1513. Photographie ©Leisure and Cultural Services Department of the Government of the Hong Kong Special Administrative Region of the People's Republic of China

Un sommaire rapide permettra de mieux comprendre la structure de l'ouvrage :

Après une carte des fours les plus connus et des provinces productrices de thé, une chronologie, viennent une préface par Tang Choi-Chiu, conservateur en chef du Hong Kong Museum of Art, puis une autre par François Mairesse, directeur du Musée Royal de Mariemont, intitulée " L'univers dans un bol de thé ".

Vient ensuite la première grande partie, divisée en deux parts. La première est nommée nommée " Hier et aujourd'hui, la culture chinoise du thé ", et constituée comme suit :
  • " La consommation du thé en Chine ", par Simon K.S. Chiu, conservateur honoraire du  Flagstaff House Museum of Tea Ware. Cet article est un bref historique chronologique de la consommation du thé en Chine, agrémenté d'extraits de divers textes classiques chinois.
  • " Thé et identité chinoise ", par Nicolas Zufferey, professeur de sinologie à la faculté des lettres de l'université de Genève. Cet article présente le thé en Chine sous son aspect culturel et ethnologique ainsi que leurs variations dans le temps.
  • " Quand la Chine renoue avec son thé ... ", par Catherine Bourzat. Ce texte retrace des impressions autour de l'évolution contemporaine de la consommation du thé et des habitudes de consommation.
La deuxième part s'intitule, elle, " La céramique chinoise du thé " et est constituée comme suit :
  • " Regards sur la collection K.S. Lo ", par Catherine Noppe, conservatrice des collections extrême-orientales au Musée Royal de Mariemont. Cet article retrace un intéressant historique des formes céramiques touchant le monde du thé et de leur emploi.
  • " A Yixing, le façonnage traditionnel manuel d'une théière ", par Joëlle Swanet. ce reportage illustré de photographie relate par le menu la fabrication manuelle d'une théière de Yixing.
Vient ensuite ce qui constitue le corp principal de l'ouvrage, à savoir le catalogue illustré, introduit par une notice historique sur la collection K.S. Lo de céramique du thé du Flagstaff House Museum of Tea Ware. Le catalogue lui-même présente 63 pièces, organisées en rubriques chronologiques, et toutes illustrée d'au moins une photographie. Si la collection présente quelques bols et quelques coupes, l'essentiel de celle-ci est constitué de verseuses et de théières, majoritairement de la période des Qing.
 
Enfin,  on trouvera en annexe un article de Bertrand Federinov, collaborateur scientifique au Musée Royal de Mariemont, intitulé " Une Apologie du thé publiée à Mons en 1751 ", des commentaires sur les photographies, un glossaire sur les fours et techniques de décor mentionnés et des suggestions de lecture.

flagstaff house museum of tea ware
Porcelaine à décor fencai, fours de Jingdezhen, période Qianlong. Photographie ©Leisure and Cultural Services Department of the Government of the Hong Kong Special Administrative Region of the People's Republic of China

En conclusion, l'ouvrage est surtout intéressant du fait des diverses pièces qu'il présente, en particulier les nombreuses et superbes théières en terre de Yixing. De la même façon, les collectionneurs de théières trouveront sans nul doute ici leur bonheur du fait de la composition même de cette collection de céramiques du thé !

théière chinoise pour l'exportation
Théière de Yixing destinée à l'exportation, époque Qing, 1ère moitié du XVIIIème siècle. Photographie ©Leisure and Cultural Services Department of the Government of the Hong Kong Special Administrative Region of the People's Republic of China

23 mai 2012

Puerh Impérial " Palais des Thés "

pu erh cuit

Voici le dernier d'une série de Puerh Shu de période de soudure pour moi, vendu sous l’appellation " Puerh Impérial " au Palais des Thés pour le prix de 7,90 € les 100 grammes.

palais des thés

La liqueur est d'un joli brun tirant sur le roux et un peu trouble. Au nez, c'est le caramel et la réglisse qui dominent totalement la palette des odeurs et il n'y a pas à ce point de trace d'humus.

En bouche, une légère amertume se fait jour immédiatement. De façon inattendue, ce ne sont pas les saveurs de réglisse et de caramel qui dominent, mais les champignons de Paris, avec une bonne longueur en bouche par ailleurs. Il ne correspond cependant pas au type du Puerh Shu habituel, notamment du fait de l'absence même résiduelle d'un goût d'humus ou de sous-bois humide, ce qui le rend un peu "léger".

Palais des Thés

L'infusion est composée en très grande majorité de feuilles de tailles moyennes et de petits morceaux de feuilles brisées. Bien qu'il manque un peu de complexité et qu'il est un peu surprenant par certains aspects, ce thé est d'un rapport qualité prix tout à fait intéressant et pourrait faire un produit de consommation courante tout à fait correct pour ceux qui n'aiment pas le goût d'humus des Pu Erh cuits.

21 mai 2012

Puerh Bai Yun Shan Bio " Palais des Thés "

palais des thés

Ce Puerh est vendu sous l’appellation " Bai Yun Shan Bio " par le Palais des Thés. Comme son nom l'indique, il est issu de l'agriculture biologique et est selon toute vraisemblance certifié par un laboratoire français ou européen si l'on en croit le label apposé sur l'emballage et sur le site de ce grand comptoir.

Son prix est assez modique somme toute, puisqu'il est mis en vente au prix de 13 € les 100 grammes seulement. La liqueur est d'une belle couleur marron foncée tirant sur une nuance d'un rouge rouille.

palais des thés

Au nez, la liqueur évoque tout de suite l'humus mais aussi une touche de cuir, assez lointaine. En bouche, c'est l'humus qui domine, avec toutefois une pointe de champignon de Paris en fin de longueur en bouche.

palais des thés

L'infusion est constituée surtout d'éléments de petite et moyenne taille. Pas de feuilles entières en vue, mais peu de brindilles également. Au final, ce n'est pas trop mal, même si les brisures de taille moyenne dominent.

Nous avons donc là un thé pas mauvais, mais qui manque de complexité cependant. Malgré tout, pour le prix demandé, difficile de faire beaucoup mieux, qui plus est pour un thé certifié Bio, ce qui en fait un thé de consommation courante tout à fait valable si l'on est amateur de Puerh Shu.

20 mai 2012

Puerh Meng Hai 2000 " Palais des Thés "

pu erh cuit

Originaire du Yunnan, ce thé est vendu sous le titre de " Puerh Meng Hai Année 2000 " au Palais des Thés au prix de 30 € les 100 grammes.

palais des thés

La liqueur est extrêmement foncée, d'un brun tellement profond qu'il paraît noir. Au nez, c'est l'humus qui prédomine, avec un certain côté plutôt minéral, rappelant une odeur de cailloux humides. En bouche, une pointe d'amertume se fait jour, mais le côté terreux l'emporte sur tout le reste. Peu à peu, la petite amertume disparaît, mais l'odeur de terre reste constante. Elle fini par s'estomper cependant pour laisser s'exprimer un trait de champignons de Paris auxquels se mêlerait une fine saveur de noix en arrière plan très lointain, très difficile à percevoir. Toutefois, sa longueur est bouche en plutôt bonne, là encore dans les tons minéraux.

palais des thés

L'infusion est constituée de feuilles de différentes tailles, avec de grandes feuilles, des morceaux plus petits et des brindilles ... rien qui ne sorte de l'ordinaire et la qualité de cette infusion est plutôt bonne.

En conclusion, je dirai donc que nous avons là un Puerh cuit tout à fait valable si on aime les notes très sombres mais qui, encore une fois, ne sort pas de l'ordinaire, bien qu'il soit âgé. Il est ainsi la preuve, s'il en est, que vieux Puerh n'est pas forcément synonyme de sensation paradisiaque. Enfin, il est peut être un peu cher pour en faire un thé de consommation courante et à 30 € / 100 grammes, on trouvera sans doute mieux ailleurs, même s'il convient de souligner encore une fois une bonne longueur en bouche.

19 mai 2012

" ArtCeram " Céramique Internationale Contemporaine

 Exposition Internationale de Céramique Contemporaine

L'exposition " ArtCeram, Terres d'Empreintes " se tient au SEL, sis au 47 Grande Rue à Sèvres, du 11 au 30 mai 2012. Je précise d'emblée que l'entrée de cette exposition de céramique contemporaine est gratuite, donc aucune excuse pour ne pas y faire un saut. Toutes les pièces présentées sont à vendre et un catalogue des prix est disponible à l'entrée.

Exposition Internationale de Céramique Contemporaine ArtCeram
Pour le reste, il s'agit surtout de pièces de grande taille et on y verra quelques pièces de la taille d'un Chawan ou d'un Yunomi, mais de façon anecdotique. De la même façon, c'est surtout la céramique occidentale qui est représentée ici, les pièces asiatiques étant plus que rares et limitées à quelques Hanaire. Mais l'exposition mérite tout de même le détour, notamment pour voir la permanence de l'influence des techniques japonaises sur la céramique contemporaine européenne.

Les artistes représentés sont les suivants : BERTHOD Marjolaine, BURAUD Philippe, CHOLLET Jean-Pierre, COOCH Emma, CORDEL Manuel, COURCOUL Bernard, CRESPIN Laurence, DEBIEN François, DEFER Maxime, GOUTT-ALLIKMETS Aire, GUERRIER Marie-Laure, HAEBERLIN Jacques, HANAKO Miwa, HEKIZAN Onimaru, HOUTMANN Colette, KAORI Kurihara, KAY Michael, LADEVEZE Christine, LALLIER Vincent, LAMBEAU Yves, LATHOUMETIE Hélène, LIEVOIS Matthieu, LEVY-LETESSIER Michèle, LUANG RATH Thierry, LUMINEAU Chantal, MALLET Mireille, MOUEDEB Isabelle, PINOT-GAUFFROY Anne, PISAREFF Ethel, POINSARD Alexandrine, ROUCKA Eva, SULGER-LIBESSART Laure, THOMAS Dominique, TONNELIER Sandrine, TURZO Franck, URBAIN Jean-Pôl, ZEENNI Sandra.

Alev SIESBYE et Jean GIREL étant les invités d'honneur, leurs pièces occupent une place centrale dans cette exposition. Là encore, elles sont en vente. Une présentation rétrospective autour d'œuvres de Stéphanie Durand, décédée en 2012, se tient également grâce au prêt d'un collectionneur privé.

Sel

Naturellement, ce sont les surtout les ouvres de Hekizan Onimaru qui auront retenu mon attention, en Takatori, mais il faudrait également mentionner Michèle Levy-Letessier et ses couvertes, Urbain Jean-Pôl pour ses intéressants Yunomi et Chawan à plusieurs couvertes superposées, Corael Manuel pour les pièces à couverte à cristallisation, ainsi que Guerrier Marie-Laure pour son céladon notamment.

18 mai 2012

Natsume

natsume laqué

Après les Cha-ire, les Natsume ... soyons clair, d'emblée, la destination de ces deux objets est identique : contenir le Matcha utilisé lors du Chanoyu. La forme courante est légèrement ovoïde et l'on trouve peu de Natsume qui ne correspondent pas à ce canon.

natsume laqué

Par contre, nous n'avons plus là un objet en céramique, mais traditionnellement un objet en bois, finement tourné et taillé, sur lequel tout l'art du laqueur s'exprime, même si les couleurs utilisées pour les fonds sont majoritairement le noir et dans une moindre mesure le rouge. De nos jours cependant, le plastique remplace de plus en plus le bois, pour des questions de praticité de production et de coût moindre, les Natsume étant relativement chers.

natsume en bois laqué

Si les dessins appliqués peuvent être plus ou moins complexes et recourir à l'incrustation de nacre ou de poudre d'or et autres métaux précieux, l'emploi de l'objet est, lui, des plus simple, grâce à sa large ouverture, plus pratique d'emploi pour l'extraction du Matcha que les Chaire. Par contre, le Natsume n'est clairement pas destiné à la conservation, et n'est utile que lors de la cérémonie du thé.

natsume en bois laqué

17 mai 2012

Le Musée National de Céramique à Sèvres

céramique japonaise et chinoise

Le Musée National de Céramique est sans conteste une institution qui mérite un détour, car rien que son entrée et son approche intriguent. Mais l'imposante bâtisse contient des trésors sans pareils.

musée de sèvres
L'entrée donne le ton, avec ses deux pièces monumentales en porcelaine !

La Cité de la Céramique de Sèvres  est pourvu d'un site internet qui permet de voir l'actualité et les diverses activités de l'institution, mais qui permet surtout de se rendre compte qu'il s'agit aussi d'un musée vivant, puisque on y produit toujours des céramiques utilitaires et d'autres purement décoratives, dans la longue tradition de la fameuse Manufacture de Sèvres, qui sont par ailleurs misent en vente dans ce lieu. La Cité de la Céramique possède ainsi ateliers et fours, forme encore des céramistes et produit encore certainement parmi les plus belles céramique fines que l'on puisse trouver.

Car c'est certainement là le point le plus original : Depuis 2010, Le Musée National de Céramique, créé en 1824, et la Manufacture de Sèvres, fondée en 1756, sont réunies au sein de La Cité de la Céramique, formant ainsi un ensemble incomparable, véritable conservatoire des œuvres mais aussi des techniques et des savoirs.

musée de sèvres
Coupe en terre vernissée, Constantinople, XIIème siècle.

La plus grande part des collections est constituée par des pièces européennes du XVème siècle au XIXème siècle, mais l'on admirera aussi ici des céramiques antiques et médiévales, tout comme des céramiques méso-américaines ou islamiques. Les collections sont très vastes et la partie consacrée aux majoliques et aux travaux des céramistes de la Renaissance permet de comprendre, pour peu que l'on en prenne la peine, que la production de pièces parfaitement recouvertes d'engobe n'allait pas de soi à l'époque et qu'il était difficile d'éviter les retraits de couverte à la cuisson qui laissent la terre à nu. Les multiples tâtonnements font dès lors comprendre que les pièce parfaites étaient rares et éclaire la valeur de telles pièces arrivées intactes jusqu'à nos jours.

musée de sèvres
Porcelaine chinoise en bleu et blanc ? Non, faïence iranienne en pâte siliceuse à décor peint sous une glaçure transparente. La pièce date du XVIIème siècle et montre clairement l'influence des porcelaines chinoise d'exportation sur les productions locales qui copient et réinterprètent les pièces et les décors asiatiques. On pourra clairement voir que le secret de la porcelaine n'est alors pas percé, les petits éclats laissant voir une terre brune et non pas le blanc de la porcelaine.

Mais ce sont les céramiques asiatiques sur lesquelles je vais naturellement m'attarder car, vous l'aurez compris, on ne se refait pas.

musée de sèvres
Pot à thé de Soma, en grès à couverte, XIXème siècle.

Les céramiques chinoises sont les plus représentées, du fait des recherches menées par les céramistes européens du XVIIème et du XVIIIème siècle pour percer le secret de la porcelaine. De plus, le grand engouement pour les porcelaines asiatiques à cette époque fait que de telles pièces ne sont pas rares alors en Europe.

musée de sèvres

musée de sèvres

musée de sèvres

Les céramiques japonaises sont également bien représentées, suite à une effort beaucoup plus contemporain et parce que la céramique japonaise constitue sans nul doute un espace encore de nos jours en constante mutation.

Collection du musée de Sèvres

Malgré une muséographie un peu datée dans la présentation, les nombreuses pièces sont un vrai plaisir pour les yeux. La plupart des pièces datent de la période d'Edo (1600 - 1868), avec quelques pièces de la période de Muromachi (1366 - 1573). La grande majorité de ces pièces ont été acquises au XIXème siècle.

musée de sèvres
Trois beaux exemples de Chaire.
musée de sèvres
Un Ryôro, réchaud / brasero.
musée de sèvres
Un autre Ryôro, utilisé lui aussi pour chauffer une bouilloire.
musée de sèvres
Un Mizuzashi de style Bizen datant du XVIème siècle.

Quelques pièces contemporaines sont également présentent dans les vitrines, et il semble que le Musée National de la Céramique continue à faire des acquisitions de pièces contemporaines au grès du temps.

musée de sèvres
Chawan / bol à thé par Yamamoto Izuru ( 1944 - ... ) en grès de Bizen à décor de "cordes de feu" ou Hidasuki.

musée de sèvres
Mizuzashi par Katô Toyohisa ( 1962 - ... ) ... une vraie merveille.

La partie consacrée aux céramiques européennes du XVIIème et du XVIIIème siècle est éblouissante et éclaire notamment sur un phénomène aujourd'hui oublié alors qu'il faisait fureur alors, à savoir la copie de pièces asiatiques et le large engouement entourant les pièces d’exportation en porcelaines, menaçant les marchés locaux et entrainant un large élan de copie réalisées en Europe avec les techniques européennes de la faïence, ou "porcelaine tendre".

musée de sèvres
Plat japonais ? Eh non, faïence allemande !

musée de sèvres
Théière chinoise au décor rehaussé de poudre d'or ? Eh non, là encore, faïence allemande.

Pour finir, je dirai que la Cité de la Céramique de Sèvres s'adresse à un très large public, allant du connaisseur et du spécialiste, qui pourront voir ici des pièces exceptionnelles, au public peu éclairé, qui pourra comprendre ici la complexité originelle de la conception et de la réalisation de pièces auxquelles le commun des mortels ne prête aujourd'hui plus vraiment d'attention bien qu'elles soient présentes dans son intérieur et utilisées tous les jours.

15 mai 2012

Y a pas que le thé dans la vie, y a le Sake aussi !

Eh oui, comme quoi, même sur un blog consacré au thé et à la céramique, il est possible de pasticher Francky Vincent ... mais çà s'arrêtera là ... J'avais déjà parlé ici des Guinomi, alors pourquoi cet article, me demanderez-vous ?

Hagi Yaki
Daruma, lui aussi, ne buvait pas que du thé ...

Eh bien pour coller dans ce blog un autre terme lié au Saké : le Tokkuri. Nouveau terme barbare ? Que nenni ... Il s'agit tout simplement d'une bouteille pour le service du Saké ... On peut y chauffer le Saké au bain-marie ou y verser le Saké chauffé directement, juste pour le service.

Ao-Hagi
Deux oeuvres de Yamane Seigan, toutes deux en Ao-Hagi, mais néanmoins différentes par leur glaçure en y regardant de près ... éternelle recherche et éternel mouvement des glaçures misent au point par Yamane Seigan ...

Alors quid de l'intérêt de l'objet ? Eh bien, c'est très simple, c'est encore ici, un support d'expression du génie japonais dans le domaine de la céramique ... tous les styles, toutes les régions du Japon s'y sont adonnés, sur tous supports, du grès à la porcelaine, car le Tokkuri connait de multiples formes, du simple récipient ouvert à la bouteille ouvragée et à l'esthétique recherchée.

céramique japonaise
Un Tokkuri très rugueux et très brut dans le style de Bizen

Mais cet article est encore, outre celui de mettre des photographies en nombre comme à mon habitude, l'occasion de parler plus avant d'une technique de décoration : la gravure sous couverte. L'idée est simple, le potier après avoir monté sa pièce, grave des motifs, géométriques ou non, sur le corps de la pièce.

Ao Hagi

Puis, le potier applique une ou plusieurs couvertes dans les rainures et sur l'ensemble du corps de la pièce, accentuant ou non la gravure réalisée.

Ao Hagi

Un éventuel jeu de superposition de couleurs d'engobe peut créer un effet de Sgraffito, accentuant ou atténuant le jeu des incisions par le contraste entre une couverte claire et une couverte foncée.

Ao-Hagi

Enfin, l'éternel jeu de coulures permet encore de créer de multiples effets décoratifs et de réinterpréter un peu plus, en les mélangeant, les techniques ancestrales ...

Il ne me reste plus maintenant qu'une chose à dire : Kanpai !

8 mai 2012

Genmaicha " Kusmi Tea "

Autant le dire de suite, il n'est pas dans mes habitudes de boire du Genmaicha ( un mélange de Bancha, de grains de riz grillés / soufflés ) ... mais puisque c'est un cadeau, autant en profiter pour découvrir une nouvelle gamme ...

kusmi tea paris

Pour la culture et pour ceux qui ne connaissent pas la Maison, je cite  : " Fondée en 1867 à Saint-Pétersbourg, la maison de thé Kousmichoff continue comme par le passé d'offrir, aux connaisseurs et aux gourmets, des mélanges de thé aux aromatisations subtiles et des thés traditionnels de grande qualité. Distribués dans le monde entier, les thés Kusmi sont réputés pour leur goût recherché et la finesse de leur arôme" ... En réalité, la Maison actuelle dont le siège est à Paris a été recréée en 2003, le nom original ayant été racheté par les frères Orebi. Pour ce qui est de la finesse et de la grande qualité des thés Kusmi, je ne sais pas, n'étant versé ni dans les thés aromatisés ni dans les produits de cette marque. Par contre, une chose est sûre, le marketing est très soigné, avec cette boite qui n'est pas sans rappeler, de loin, le trait de Mucha et l'Art Nouveau en général. Par ailleurs, le couvercle embouti et "peint" est là pour donner un effet de raffinement supplémentaire.

kusmi tea paris

A l'état sec, c'est assez inexpressif, cela sent un peu la boite de corn-flakes avec une petite odeur très faible de noisette séchée, le tout très inexpressif par rapport à un thé vert japonais "courant".

tea addict

La liqueur est assez sombre, presque brun-orange, et vraiment très trouble. Au nez, ce sont les céréales qui viennent de suite, avec des arômes clairement identifiables de riz soufflé et de pop corn, le tout avec un petit relent de grillé. En bouche, c'est bizarrement assez plat de prime abord, avec une omniprésence des céréales identifiées olfactivement. Pour le reste, cela rappelle plutôt une infusion Tilleul-Camomille de La Tisanière qu'un thé vert, même de basse qualité. Sur ces quelques notes, viennent encore se greffer un goût d'herbes sèches une fois les autres sensations disparues.

tea addict

L'infusion est assez inégale, avec des morceaux de riz soufflés, bien sûr, mais surtout des morceaux de feuilles de diverses tailles et quelques feuilles entières. Il y a enfin aussi quelques brindilles assez claires.

Je dirai donc pour conclure que ce "mélange" est assez décevant et que le thé vert n'apporte pas grand chose à l'infusion de riz soufflé / grillé ... je ne dirai pas que je continue à honorer une vieille promesse, mais je n'en suis pas loin ...